GALERIE DES CHEFS D’ETAT HAITIENS


 

Jean-Jacques Dessalines

 

D'origine africaine, il est d'abord esclave à Saint-Domingue. Puis, durant les troubles qui mènent à l'indépendance de l'île, il devient lieutenant de Toussaint Louverture et organise en octobre 1802 la mutinerie de l'armée saint-dominguoise contre l'expédition napoléonienne.

Après la déportation de Toussaint, il se soumet à la France. S'étant insurgé peu après, il se retire au nord de l'île ; il réussit à repousser Donatien-Marie-Joseph de Rochambeau dans le sanglant combat de la Crête-à-Pierrot, de Petite-Rivière de l'Artibonite. Il réussit en automne 1803 à vaincre les Français à la bataille de Vertières, et le 1er janvier 1804 Dessalines proclame l'indépendance d'Haïti. Il se fait d'abord gouverneur général à vie, puis empereur (pour ne pas être devancé par son rival, Bonaparte) sous le nom de Jacques Ier (1804).

Le 8 octobre 1804 il est couronné par l'archevêque Jean-Baptiste-Joseph Brelle.

Henri Christophe

Henri Christophe (Grenade, 6 octobre 1767Cap-Haïtien, 8 octobre 1820) est président puis roi d'Haïti sous le nom d'Henri Ier ou plus simplement de « roi Christophe ».

Né Christopher Henry à l'île Saint-Christophe ou à Grenade1, il est le fils d'un affranchi de Grenade nommé Christophe. Il arrive dans le nord de Saint-Domingue en tant qu'esclave. En 1779, il sert dans les forces françaises des chasseurs-volontaires de Saint-Dominigue durant la Révolution américaine en tant que tambour. Ils combattent au siège de Savannah.

Durant la révolte de 1791, il se distingue et devient officier. Il se bat pendant quatre ans dans le nord avec Toussaint Louverture. En 1802, il est nommé général.

En 1806, l'empereur Jacques Ier est assassiné, et Christophe se retire dans la plaine du Nord où il forme un gouvernement séparatiste. Le sud étant aux mains d'Alexandre Pétion.

En 1807, il se proclame président et généralissime des forces de terre et de mer de l'État d'Haïti.

En 1811, il est couronné roi par l'archevêque capucin Jean-Baptiste-Joseph Brelle.

 

Alexandre Sabes Pétion  (Mars 1807 - Mars 1818)

 

Né à Port-au-Prince le 2 avril 1770, d'un colon français ( Pascal Sabès ) et d'une mulâtresse ( la dame Ursule ), Alexandre Pétion appartenait à la catégorie des affranchis. Il adopta le pseudonyme de Pétion, en hommage à Pétion de Villeneuve, qui fut membre de la Convention et de la Société des Amis des Noirs. Il échappa à la mort, le 3 juin 1770, lors du tremblement de terre qui dévasta Port-au-Prince. Pétion fut orfèvre dans sa jeunesse.A dix-huit ans, il était soldat dans les chasseurs de la milice, et fit en 1790 de vains efforts pour sauver le colonel Mauduit-Duplessis des mains des pompons rouges ou indépendants, qui l'assassinèrent lâchement.

Au mois d'août 1791, les hommes de couleur s'étant soulevés pour l'obtention de leurs droits politiques, Pétion fut au nombre des confédérés. Pétion se fit remarquer entre tous par son courage et sa générosité. Pendant toute la durée de la guerre que la France eut à soutenir contre les Anglais, Pétion, alors commandant d'artillerie, se distingua en maintes occasions par des actes de courage Averti par Christophe des préventions de Dessalines contre lui, il le fera assassiner le 17 octobre 1806. C'est aussitôt après que commence la guerre entre Christophe et Pétion . Il mourra à Port-au-Prince, le 29 mars 1818, d'une fièvre putride et maligne. Ses restes seront inhumés aux environs de Port-au-Prince, sous le fort Alexandre, dont il avait ordonné la construction en 1804.

Jean-Pierre Boyer   (1776 – 1850)

 

Fils d'un créole blanc et d'une africaine affranchie, Jean-Pierre Boyer naquit à Port-au-Prince le 28 février 1776. Il appartient à la classe des hommes de couleur, dite mulâtre, et il a été le second d'entre eux qui ait exercé assez longtemps le pouvoir suprême pour que l'histoire accorde une place à sa mémoire. Il montra sa bravoure dans la révolution de la partie française de Saint-Domingue, en 1792, au moment où, par les fautes de l'assemblée coloniale, les hommes de couleur libres se réunirent aux esclaves noirs. Réunis, ils secouèrent leurs fers et conquirent la liberté, avant que la Convention de France n'eût décrété l'abolition de l'esclavage (29 août 1793). Les planteurs ayant livré le môle Saint-Nicolas aux Anglais (22 octobre 1793), Boyer, sous la direction des commissaires de la métropole et du général Beauvais,

les combattit, se distingua au fort Biroton, dans la défense de Léogane, et dans des affaires périlleuses à la Grande-Anse. Toussaint Louverture, l'un des chefs des Noirs, qui avait repris le fort Saint-Nicolas, se sépara alors des Mulâtres. Boyer, qui s'était retiré à Jacmel, le combattit sous les ordres de Rigaud. Mais son parti succomba momentanément, et Boyer, qui n'était encore que chef de bataillon, se réfugia avec Pétion et les autres en France. Car les planteurs, par leur orgueil et leur cruauté, avaient fini par réunir contre eux les Métis et les Noirs; la Convention, en prononçant l'abolition de l'esclavage, ne fera que consacrer un fait accompli. Christophe se fit remarquer de Toussaint-Louverture, généralissime des insurgés, en 1797. Il fut élevé au grade de général de brigade, et contribua tout à la fois à l'expulsion des Anglais, qui avaient envahi l'Ouest de l'île (1798), et à l'expédition qui opéra momentanément la réunion de la partie orientale occupée par les Espagnols (janvier 1801). Malgré son état primitif d'esclave, Christophe passe pour avoir eu des manières distinguées. Il parlait aussi facilement l'anglais que le français, et il affectait pour le protestantisme une tendance qui vint peut-être de son insuccès auprès du chef de l'Église romaine (3). 1) Christophe avait prodigué les titres nobiliaires sous des dénominations dont un grand nombre prêtaient au ridicule, comme celles de prince de Trou-Dondon, duc de la Marmelade, comte de Limonade, baron du Berceau, de la Seringue, etc. Ces noms étaient ceux d'anciennes plantations; mais ils furent prodigués sans mesure et sans intelligence. (2) A Sans souci, les ruines de certaines parties du palais de Christophe servent aujourd'hui de carrières de pierre tandis que, dans les plaines sucrières, les vestiges des anciennes habitations coloniales disparaissent, surtout depuis dix ans, à un rythme qui va en s'accélérant. (3) L'acte du 28 mars 1811, qui investit Christophe de la royauté, était calculé de manière à lui ménager l'appui du clergé catholique, auquel il accordait un archevêque et plusieurs évêchés.

 

Rivière Hérard  (Décembre 1843 - Ma1 1844)

 

Rivière Herard fut élu Président de la République par la Constituante, le 31 Décembre 1843. Ni le Président, ni son cousin Hérard Dumesle devenu Secrétaire d’ Etat n’ acceptaient le Gouvernement civil, c’ est-à-dire la nouvelle Constitution. Une lutte allait éclater entre le Pouvoir Executif et la Constituante qui s’ occupait des travaux législatifs, .

en attendant l’ élection des députés, lorsqu’ on apprend une nouvelle très grave: la partie de l’ Est venait de déclarer son Indépendance. A cause d’ une conspiracy organisée contre Rivière Hérard, comprenant que toute résistance était inutile, il s’ embarqua pour la Jamaïque le 3 Mai 1844.  

 

PHILLIPE GUERRIER

Phillipe Guerrier fut proclamé Président d’ Haïti le 8 Mai 1844. C’ était un général de la guerre de l’ indépendence. Célèbre pour sa bravoure. Ses grandes qualités de commandement et de modération étaient un peu affaiblies par l’ âge: Il avait plus de 80 ans.

LOUIS PIERROT

Le lendemain de la mort de Guerrier, le 16 Avril 1845, le Conseil d’ Etat appela le Général Pierrot, beau-frère de Christophe, à la Présidence d’ Haiti. Pierrot était un vieillard très ignorant.
Pierrot avait une grande répugnance pour Port-au-Prince. Le Cap devint par décret du premier Novembre 1845 la Capitale d’ Haiti

Dessalines, le fondateur de notre indépendence était totalement oublié en Haiti. Pierrot qui avait été son compagnon d’ armes, ordonna que pour rappeler sa mort, des cérémonies religieuses auraient lieu dans tout le pays le 17 Octobre de chaque année.

 

JEAN BAPTISTE RICHÉ

Le Président Riché transforma en Sénat le Conseil d’ Etat. Il prêta le serment d’ usage des chefs d’ Etat devant ce Sénat. Riché était le grand ennemi de toutes les sectes superstitieuses. Il poursuivit avec vigueur ceux qui pratiquaient les cérémonies et les danses voodoo. Riché ne demeura pas une année complete au pouvoir. Après une tournée au Cap, il mourut le 27 Février 1847.

EMPEREUR FAUSTIN SOULOUQUE

Le 1er Mars 1847, le Sénat se réunit pour donner un successeur an président Riché. Plusieurs votes se succédèrent exactement semblables; les généraux Paul et Souffrant obtenaient le même nombre de voix et Soulouque une seule. Beaubrun Ardouin recommanda alors la candidature de l’ homme qui, à chaque vote avait obtenu une voix et c’ est ainsi que Faustin Soulouque surnommé le bonhomme Coachie, fut élu Président d’ Haiti.

Très surpris de cet honneur auquel il ne s’ attendait pas, il accepta cependant les devoirs de sa charge:” Je saurai me conduire en Chef” dit-il. Soulouque conserva les ministres de Riché même Céligny Ardouin qui le vexait par des propos méprisants. A la fin de Juillet 1847, comme le Nord tenait de se séparer, le Président décida de partir pour le Cap et il ordonna à ses ministres de l’ accompagner. Presque tous démissionnèrent pour rester à Port-au-Prince. Mais Céligny Ardouin dut accompagner Soulouque, même après avoir démissionné. Pendant l’ absence de Soulouque, la terreur rêgna à Port-au-Prince entretenue par le général Maximilien Augustin, dit “Similien et par ses partisans les “Ziglins”. Un Sénateur journaliste, Joseph Courtois, dénonca les intentions de Similiens et l’ accusa de vouloir massacrer la société de Port-au-Prince. Soulouque, à son retour, fit juger Courtois par les Sénateurs. Il fut acquitté par un premier jugement et condamné par un deuxième à un mois de prison. Mais Soulouque voulait le faire fusiller. Sur les démarches du Ministre de France, il lui permit de s’ exiler. Une prise d’ armes avait eu lieu dans l’ arrondissement d’ Aquin. Soulouque accusa Céligny Ardouin d’ avoir exité la révolte. Celui-ci s’ emporta jusqu’ à frapper le pied sur le plancher. Un coup de feu fut tirer dans la cour du Palais, puis une fusillade éclata qui fit de nombreuses victims parmi lesquelles Céligny Ardouin qui fut blessé et conduit en prison. Des adversaires du Président se groupèrent sur la place du quai. Ils étaient décidé à se défendre et refusèrent de se disperser quand Similien leur commanda de le faire. Alors la troupe fit feu sur la foule et tua une vingtaine de manifestants. Le lendemain, la répression continua, terrible. Pendant trios jours, on massacra beaucoup de citoyens soupconnés d’ etre les partisans d’ Ardouin. Le Sud était en armes. Soulouque y entrepris une tournée qui dura depuis le mois d’ Avril juaqu’ au mois d’ Août 1848. Le sang coula. Beaucoup de citoyens de valeur, et d’ autres moins connus, furent condamnés et exécutés. Pour rétablir l’ unité du gouvernement dans l’ Ile, Soulouque entra en campagne contre la Partie de l’ Est et franchit la frontière, le 9 Mars 1849, à la tête de 15,000 hommes. L’ unité patriotique manqua pour cette guerre: la société de Port-au-Prince ne voulut pas exposer ses enfants pour la défense du pays. Cependant, l’ armée haitienne remporta partout des victoires: à Las Matas, à San Juan etc…. Les Dominicains réunirent leurs forces, pour défendre le passage de la rivière Ocoa. Après un combat très vif, les Haitiens victorieux avaient dejà franchit la rivière et poursuivaient l’ ennemi en déroute lorsque, brusquement, le signal de la retraite se fit entendre. Notre armée pris le chemin du retour, mais en désordre. L’ ennemi nous poursuivit et se fut la déroute avec des pertes considérables en hommes et en matériel. C’ est Soulouque qui avait ordonné la retraite de son Quartier-général d’ Azua parce qu’ on lui avait dit qu’ à Port-au-Prince, un soulèvement se préparait. Sa décision fut malheureuse: ce renseignement était faux. Le 25 Août 1849, Soulouque est proclamé Empereur d’ Haiti sous le nom de Faustin 1er. Faustin 1er. promulgua une Constitution imperiale. Il créa une noblesse et divers ordres imperiaux. Sa cour fut organisée sur le modèle de celle de Henry 1er. La cérémonie du sacre n’ eut lieu qu’ en Avril 1852. L’ Empereur voulait une fête grandiose et les préparatifs furent très longs. Dès la fin de Mars, des délégations arrivèrent à la Capitale de tous les coins du pays. Sur le Champs-de-Mars, deux tentes magnifiques furent dressées: l’ une en forme d’ église, pouvait contenir de sept à huit mille personnes; l’ autre, plus petite, était réservé à l’ Empereur et à sa suite. Le Dimanche 18 avril 1852, des trois heures du matin, les troupes et des délégations occupèrent le Champ-de-Mars. Les nombreux invités de marque se présenterent à leur tour. Vers 9 heures, Leurs Majestés et le cortège impérial quittèrent le Palais. Elles s’ arrétèrent dans la petite tente pour revêtir les costumes du sacre, puis elles se rendirent dans l’ église provisoire ou l’ Abbé Cessens procéda aux cérémonies religieuses du sacre. Au moment d’ être couronné, Faustin 1er. gravit les marches de l’ autel, prit lui-même la couronne et la plaça sur sa tête, puis il couronna l’ impératrice. Après le couronnement, les fêtes durèrent huit jours à Port-au-Prince. L’ expédition de l’ Est et les grandes dépenses du sacre avaient appauvri le trésor. Comme remède à la situation financière, le ministre Lysius Salomon appliqua le monopole et le tariff maximum, c’ est-a-dire que le gouvernement recueillait le café et le cotton pour les partager ensuite entre les commercants. Le Gouvernement fixa aussi le prix de vente en gros de laplupart des merchandises importés. Le résultat d’ abord les plus heureux, fut désastreux en definitive. Le gaspillage et les frauds appauvrirent bientot le trésor au point qu’ on suspendit le paiement de l’ indemnité de l’ indépendence, ce qui amena une démonstration navale de l’ Amiral français Duquesne. Jusqu’ à la fin de l’ Empire, les prisons furent continuellement remplies. Parmi les victimes du despotisme de Faustin 1er. , il faut citer Céligny Ardouin, le duc de Limbé, Similien et Bobo. En 1855, Faustin 1er. entreprit une nouvelle attaque contre l’ Est. Cette campagne ne pouvait pas réussir parce qu’ elle était mal organisée, parce que le pays était très pauvre à cette époque et parce que les Dominicains avaient remis à leut tête le fameux Santana qui organisa parfaitement la résistance. L’ expédition se termina par une débandade des troupes. Le général Geffrard était depuis longtemps l’ homme de confiance de Faustin 1er. Mais en Décembre 1858, sentant que l’ Empereur commençait à se défier de lui, il s’ embarqua de nuit et se transporta aux Gonaives ou, d’ accord avec Aimé Legros, il proclama la révolution. Faustin 1er. ne put résister aux révolutionnaires qui occupèrent bientot les postes importants de la capitale. L’ Empereur se refugia d’ abord au consulat français, puis partit pour l’ exil le 15 Janvier 1859.

 

FABRE NICOLAS GEFFRARD

Le 15 Janvier 1859, le Comité révolutionnaire des Gonaïves proclama la suppression de l’ empire et le rétablissement de la République. Fabre Geffrard avait été proclamé President a vie par le comite des Gonaives, le 15 Janvier. Le 20 du meme mois, il preta serment devant le Senat. Fabre Geffrard etait le fils du general Nicolas Geffrard.

Fabre Geffrard etait le fils du general Nicolas Geffrard. Il etait ne a l’ Anse-a-Veau. Il avait pris une part active a la revolution de 1843 apres laquelle il fut promu general de division et commandant de l’ arrondissement de Jacmel. Sous l’ Empire,il devint duc de Tabara et Chef de la Garde du Palais.  

 

SYLVAIN SALNAVE

Après le départ de Geffrard, le Sénat nomma Nissage Saget Président d’ Haiti, mais celui-ci refusa cet honneur. Un Gouvernement provisoire fût alors instittué qui convoqua une assemblée constituante. Le 25 Avril, Salnave fit son entrée à Port-au-Prince.

La foule qui l’ acclamait était si serrée qu’ elle en était presqu’ immobile: On ne voyait que des têtes et par dessus ces têtes, des mains agitant des mouchoirs et des branches de laurier. Le 4 mai, la populace acclama Salnave Président d’ Haiti. Le 14 Juin, l’ Assemblée Constituante nomma Sylvain Salnave Président d’ Haiti pour une période de quatre ans.  

 

NISSAGE SAGET

Elu par les deux chambres pour une période de quatre ans, Nissage Saget, malgré les séquelles psychologiques d'une longue détention durant l'empire de Faustin 1er, se montra un sage Chef d' Etat. Son gouvernement fut cependant marqué par des événements qui mirent à dure épreuve la diplomatie haitienne.

Citons, par example, l'affaire Dickman et Stapenhorst, deux ressortissant allemands, qui demandèrent l'assistance de leur pays pour se venger de prétendues malversations subies lors de troubles. Saget mit de l'ordre dans les finances du pays et resta attaché aux règles constitutionnelles. Parvenu à la fin de son mandat, il refusa de rester un jour de plus au palais national et remis le pouvoir au conseil des ministres avant de se retirer dans sa ville natale, Saint-Marc.  

 

MICHEL DOMINGUE

Domingue sait que l’ Assemblée Nationale ne l’ élira pas président. Mais il est commandant en chef de l’ Armée et il emploiera la force pour arriver au pouvoir. Les ministres, ses amis, décrètent de nouvelles élections législatives. Une Assemblée Constituante, élue à la baïonnete,

brise la Constitution de 1867, vote celle dite du 6 Août 1874, et nomme Michel Domingue, Président d’ Haiti pour 8 ans. Domingue est un vieillard sans instructions, entêté et violent. Sa bravoure est connue: Il combattit Salnave avec la plus grande énergie. Domingue nomma son neveu Septimus Rameau Vice-Président. Rameau était instruit mais vaniteux au point de n’ écouter aucun conseil. Il dominera Domingue et sera, par conséquent, le véritable chef de l’ Etat.

 

BOISROND CANAL

Aux élections présidentielles de 1876, deux candidats étaient en présence: Boyer Bazelais et Boisrond Canal. Boisrond Canal fut élu Président d’ Haiti. C’ était un homme modéré, ennemi de la violence, ami de la liberté et de la justice. Deux parties s’ opposaient à la Chambre des députés:

le parti libéral avec pour chef Boyer Bazelais et Edmond Paul; le parti national dirigé par Demesvar Delorme. Le parti liberal avait pour devise:” le pouvoir aux plus capable” et le parti national:” le plus grand bien au plus grand nombre.”  

 

LYSIUS SALOMON

Il naquît aux Cayes, en 1815. Il reçut une éducation soignée: Le discours qu’ il prononça en 1845, pour faire l’ éloge de Dessalines, est resté célèbres. Il était Sénateur sous Riché. Il devint ministre des Finances sous l’ Empire. Il dût s’ exiler avec Faustin 1er en 1859.

Il passa plusieurs années à Paris et à Londres comme Ministre d’ Haiti et il profita de son séjour en France et en Angleterre pour s’ instruire dans les questions de finances et d’ administration. Quand le général Salomon est élu Président d’ Haiti, il est bien préparé à remplir cette haute et difficile function. Il possède de grandes qualités: il est intelligent, probe, énergique. Il a fortifié toutes ces qualités dans le travail, la réflexion et la souffrance. Surtout, il connaît parfaitement les hommes et les choses de son pays. Le nouveau Président a cependant quelque défauts: Il est inflexible et rancunier. Il avait vu sa famille souffrir de la politique, il en avait lui même souffert. Cela l’ avait rendu dur et parfois cruel.

 

FRANÇOIS DENYS LÉGITIME

Legitime, candidat à la présidence, rentre en Haiti dès le 15 Août. Le 23, le général Thélémaque arrive à la capitale avec les troupes du Nord et de l’ Artibonite. On forme un gouvernement provisoire composé de Boisrond Canal, Légitime, Hyppolite et trois autres members.

On décrète des élections pour former une Constituante. Les deux candidats en présence sont François Denys Légitime et Séide Thélémaque. Légitime, un homme instruit, modéré, sans prejugé de couleur est le candidat de l’ Ouest et du Sud et Thélémaque est beaucoup plus connu dans le Nord, le Nord-Ouest et l’ Artibonite. Après un conflit entre le Nord et l’ Ouest, Légitime fût élu Chef du pouvoir executive et deux mois plus tard, soit le 16 Décembre, Président de la République

 

FLORVIL HYPPOLITE

Le manque de confiance persistait entre le Nord et l’ Ouest. La Constituante se réunit aux Gonaïves et rédigea la Constitution de 1889. Le 9 Octobre 1889 Florvil Hyppolite fut élu Président d’ Haïti pour sept ans.

Florvil Hyppolite était l’ ancient ministre de la guerre de Salnave. Avec Légitime et Thélémaque, il avait aidé Salomon en 1879. Le nouveau président possédait une bonne instruction. Mais c’ était avant tout un militaire exigeant l’ ordre et la discipline de ceux qui travaillaient avec lui.  

 

TIRÉSIAS SIMON SAM

L’ Assemblée Nationale, réunie à l’ extraordinaire, élut le général Sam Président de la République, le 31 Mars 1896, pour une période de sept ans. Le seul évènement humiliant qui fût marqué son gouvernement c’ est l’ affaire Luders

D’ après la Constitution, Sam devait quitter le pouvoir en 1902 et pourtant l’ Assemblée Législative, le jour de son élection, avait fixé la fin de son mandat au 15 Mai 1903. Après de vives discussions, tous les parties s’ entendirent pour fixer au 15 Mai 1902 la date de sa sortie. Sam céda et les candidate se présentèrent aussitot de toutes parts.

 

NORD ALEXIS

Nord Alexis avait plus de 80 ans quand il arriva au pouvoir. Ce vieillard avait au coeur deux sentiments: Le culte des aïeux et le souci de l’ Indépendance nationale. Nord Alexis tint a célébrer avec le plus grand d’ éclat possible,

en 1904, le centenaire de notre indépendance. Le vieux président se transporta lui-même aux Gonaîves pour cette grande fête nationale. La cérémonie se déroula dans le Palais du Centennaire qu’ on venait de batîr sur l’ endroit historique ou Boisrond Tonnere rédigea l’ Acte de l’ Indépendance. Une colonne-souvenir fût érigée sur la Place des Gonaïves.

 

jusqu’ à la présidence de la République. Il avait commandé le Départment du Sud avec modération pendant 25 ans. Sous son gouvernement, la ville de Port-au-Prince fût éclairée à l’ électricité et l’ on commença le bétonnage de ses rues. Antoine Simon partit pour l’ exil le 2 Août 1911.  

 

ANTOINE SIMON

Antoine Simon possédait à peine une instruction primaire. Cependant, il ne manquait pas d’ intelligence pour avoir réussi à monter constitutionnellement à des postes de plus en plus élévés, depuis celui de chef de section rurale
jusqu’ à la présidence de la République. Il avait commandé le Départment du Sud avec modération pendant 25 ans. Sous son gouvernement, la ville de Port-au-Prince fût éclairée à l’ électricité et l’ on commença le bétonnage de ses rues. Antoine Simon partit pour l’ exil le 2 Août 1911. (A Suivre)

Read 11767 times
Rate this item
(2 votes)
Published in HAITI
More in this category: « Open Letter to President Michel Martelly 25 avril 2013: Saint-Marc fête ses 318 ans »

9 comments

  •  Start 
  •  Prev 
  •  1 
  •  2 
  •  3 
  •  Next 
  •  End 

Leave a comment

Make sure you enter the (*) required information where indicated. HTML code is not allowed.

back to top